7 septembre @ 18h30 – 20h00
« Le monde chrétien, par l’accusation de «déicide», a longtemps justifié la vie errante et fragile des Juifs en diaspora, comme l’Islam plus tard les accusera d’avoir «falsifié» le message de leurs prophètes. À ce destin de peuple paria, les pères fondateurs du sionisme ont refusé de consentir: opprimés comme peuple, les Juifs devaient se libérer comme nation. En ce sens, leur mouvement s’inscrivait dans le droit-fil de la Révolution française, de la sécularisation des cadres de pensée aussi bien que des nationalismes du XIXᵉ siècle.
Or, loin de conjurer la judéophobie, le sionisme est tôt devenu, pour les courants de pensée réactionnaires comme pour les idéologies totalitaires, la figure repoussoir de la modernité démocratique, assimilée tantôt à une forme moderne du «complot juif», tantôt au colonialisme et au racisme.
C’est pour mieux comprendre le temps des commencements que Georges Bensoussan traite le sionisme comme une question d’histoire et montre comment, au-delà du seul peuple juif, il interroge les mutations de la foi dans des temps sécularisés, les rapports d’une langue à une nation, d’un peuple à un territoire et, en définitive, les multiples visages de la libération d’une condition aliénée. » Georges BENSOUSSAN, Une nouvelle histoire du sionisme (1860-1950), éditions Gallimard, collection Folio histoire, 2026.
Professeur agrégé d’histoire, HDR, ancien directeur éditorial du Mémorial de la Shoah, Georges BENSOUSSAN est l’auteur de plusieurs ouvrages portant sur l’histoire de la Shoah, sur la genèse culturelle du génocide, sur les enjeux de sa mémoire comme aussi la place de cette mémoire dans l’État d’Israël aujourd’hui. Dans d’autres domaines, il a travaillé sur l’histoire du sionisme comme sur l’histoire contemporaine des Juifs du monde arabe.
Source: Akadem.

